Mon Jeu du Liban (2014)

 
 

Jeu de 54 cartes, basées sur des photographies personnelles
Montréal, 2014.

Idéation, direction créative, réalisation d’un jeu de 54 cartes sur lequel j’ai imprimé une sélection de photos que j’ai prises lors de mes huit années au Liban .

Contexte & création
J’ai été inspirée à créer ce jeu pour tenter de répondre aux nombreuses questions qu’on me posait sur mes huit années au Liban et auxquelles j’avais souvent de la difficulté à répondre!
Je ne suis pas libanaise- Aucune origine connue en tous cas. En plus, il est bien complexe de résumer huit années de vie dans un pays embrouillé de nombreuses réalités paradoxales (un pays “Beautifully fucked up”, une de mes histoires sonores que je lui ai dédié…).

IMG_0851.jpg

Alors comment raconter? Par où commencer mon histoire? Avec quel morceau ?

J’ai crée ce jeu en l’imaginant comme un système de narration portable, facile à “dégainer” quand les questions se présentent.
Les cœurs sont des portraits d’êtres. Les trèfles, des maisons.
Les piques, des vues sur les divers espaces géographiques qui composent le Liban. Les carreaux, des marquages graphiques sur le territoire.

IMG_0414-photo-full.jpg

Lorsque quelqu’un me questionne sur mes années au Liban, je sors les cartes de mon sac et je lui en fais tirer une, deux, trois que je lui raconte.
Tout en me les re-racontant finalement à moi même…

Les combinaisons renouvelées de ces fragments de mon histoire intime avec ce pays m’ont permis de la garder fraiche et en mouvement; de ne pas la laisser figer dans le passé.

Aujourd’hui encore, en racontant ces cartes, je continue à mieux saisir les nuances des fils qui me relient à ce Liban, ce pays “chez moi, pas chez moi”, à ces êtres qui se sont engrammés dans mon coeur.

Ultimement, le récit est collectif.
Quand on commence à se raconter, on déclenche souvent l’envie chez ceux qui écoutent de se raconter à leur tour. On partage, on ouvre, on libère… L’histoire intime devient universelle.